D'Asie en résonances | |
LES ANNAPURNAS A PETITS PAS !5416 m Thorong la. Performance ou comment vivre au dessus de 4000m ? Ne pas manger trop vite. Boire à se faire ballonner le ventre. Ne pas se lever trop vite, manger du sucre, ne pas secouer la tête, ne pas faire de sieste trop longue. TOUT SE PASSE MAIS AU RALENTIT ! Prendre de bonnes décisions. COMMENT PRENDRE LE TEMPS DE … ou une éducation forcée à ralentir son rythme de vie. La montagne nous dit : Rien ne sert de courir ce monde, prenez le temps de le découvrir et de vous écouter. En ce moment le pollen des plantes accentue le phénomène du mal de montagne. Une appréhension plane en chacun de nous. La tête dans les nuages, le cerveau cotonneux, au ralentit, nous sentons le grand jour tout prêt ! Etat d’apesanteur, état second. Nous décidons de continuer jusqu’au camp de base de Thorong la (4850m). Encore 400m de dénivelé avant de se reposer une dernière nuit avant le col. Nous nous partageons un snikers pour nous donner du tonus. Nous nous réveillons sous la brume. Par brefs moments nous apercevons les montagnes. 6h30 : cadeau du jour qui sera notre motivation pour la journée. Cris de joie. Nous découvrons la chaine montagneuse enneigée, quel panorama ! Mais la brume nous rattrape vite et ajoute à notre effort une ambiance pesante. Nous n’avons pas droit à l’erreur. Pas de refuge ouvert avant Muktinath, 3800m. Entre temps reste à franchir le col.
Tout dou- tout dou_ tout doucement, à tout petit pas, le plus lentement possible nous suivons notre chemin. La tête se fait lourde, brèves pauses, grignotages et eau toutes les 15 minutes. Il tombe de beaux flocons étoilés (étoiles de Visnu). C’est la première fois que Pankaj voit la neige. Nous attendons un petit signe de vie comme un troupeau de mulets mais rien n’arrive. C’est le désert. Des roches, des pierres…Nous regardons nos pieds, nous rentrons dans une méditation profonde. La marche est devenue une drogue. Après 3H30 de montée nous voici à Thorong là PASS : 5416m ! Quel bonheur de se dire : On l’a fait ! Pas de soucis mis à part la tête à gérer, le reste du corps tient bon. Des banderoles de drapeaux colorés, une plaque indiquant le col, un kern géant, un petit lac mais Nous n’avons pas la chance de voir les montagnes. Pain, fromage de yack, amandes, noix de cajous,…Nous ouvrons nos réserves avant de redescendre à 3800m. Notre tête fait office de baromètre ou de chronomètre…la descente doit aussi se faire à pas lents.
12 jours de marches (De 6 à 8 heures/jour) et 2h30 de tracteurs, les dénivelés variant de 540 m à 1616m dans une même journee. Certains jours s’apparentent à de vrais parcours du combattant. Passages étroits, traversées dans « des côtes de gravas », des éboulis, prêts à nous emporter vers le bas, pont en mauvais état, pluie, traversée d’une rivière sur des galets, fort vent, champs de sangsues, terrains glissants, marches d’escaliers à n’ en plus finir, et pour terminer : de grosses araignées gigantesques dans nos chambres. Pankaj nous explique aussi que dans les montagnes il faut faire attention aux esprits qui dorment le soir. Dans nos poches de l'ail pour nous protéger. En chemin nous rencontrons beaucoup de mulets, ânes portant de grosses charges, des porteurs d’une force incroyable. (Un jeune de 65kg porte un chargement de 85kg. L’un transporte des meubles, l’autre une armoire), de jolies villages, des paysages variés. Selon l’altitude les habitats sont en bois, pierres ou en taules. Certaines maisonnettes font rêver. Les couleurs sont belles, les rizières vertes fluo, par endroit nous traversons de longs ponts suspendus. Les femmes travaillent aux rizières, cueillent le riz, lavent le linge, les hommes font labourer les buffles. Tôt le matin, les grands-mères marmonnent déjà les mantras autour des moulins à prières tôt le matin. Le temps est parfois gris, un crachin révèle les odeurs des plantes, des fleurs et de l’urine des mulets. Nos oreilles se nourrissent aux sons des buffles, Buffalo, cloches des mulets, cris des sauterelles, des oiseaux, des chants des veillées le soir,…La nature à l’état pur mais plus pour longtemps car les bombes explosent pour faire la nouvelle grand route touristique. Des hommes roulent d’énormes rochers de leurs mains, cassent des pierres à la pioche et au piolet. Le tour des Annapurna va malheureusement devenir une autoroute de montagne. La vue sur les montagnes se fait rare. Notre imagination est souvent sollicitée pour décrypter les sommets. L’avantage est qu’en cette période de l’année nous sommes environs 7 groupes par jour à passer aux différents check post (vérification de nos permis de séjour dans la réserve) contre 700 personnes en pleine saison !Jeu de cache cache, les nuages se déplacent à vitesse grand V. C’est encore plus excitant de découvrir les sommets petit à petit. Sa Majesté la montagne fait sa timide, se dévoile et se donne à voir lentement. Chacun notre tour nous portons notre « vie entre nos mains », notre trésor : La bouteille d’eau d’1,5l. OKHALI OLALI, (ça monte et ça descend), petit à petit, la montagne se gravit. Traversée d’un pont suspendu terminé en 2061 ! Ici au Népal nous sommes en 2065 ! Vertige de l’immensité, du vide, vertige des hauts sommets. Nous sommes bien petits au milieu de ce paysage. Nous buvons du thé au lait de vaches et de Buffalo. Nous nous nourrissons au Dhal baat. Plat typiquement népalais (baat= riz). Légumes, viandes et Dhal (sauce aux lentilles). Le tout est compartimenté sur une grande "assiette plateau". On le mange avec les doigts. Quel régal, quel plaisir. Les gens d’ici, les "gurus" ont leur propre dialecte le Gurua et un caractère bien spécial. Leur langage est bref, assez violent mais ils adorent faire des blagues, des jeux de mots. Ils ont chacun leur style vestimentaire composé de ce qu’ ils trouvent. Aux fenêtres des maisons, des sachets d’eau transparents font fuir les mouches. Au lever du soleil, la tête dans les nuages (4200m), certains sont déjà en route pour la « ruée vers l’or ». Nous sommes à Yak Kharaka, un campement de personnes vivant sous des tentes en plastique s’est installé dans la région pour rechercher des plantes : Les YALA TSA GUMBA. Souvent ces personnes sont guides ou porteurs en saison et en cette période, pendant deux mois ils récoltent ces plantes très recherchées par les chinois pour leurs propriété médicinales. Jeanne alias mayalou en nepalais ! PARCOURS Vendredi 30 Mai Katmandou 1300m Samedi 31 Mai Bhulbulè 820 m Dimanche 1 Juin Jagat 1300 m Lundi 2 Juin Dharapani 1900 m Mardi 3 Juin Bhratang 3000 m Mercredi 4 Juin Manang 3540 m Jeudi 5 Juin Yak Kharaka 4200 m Vendredi 6 Juin Thorong la camp 4850 m Samedi 7 juin Thorong la Pass puis Muktinath 5416m puis 3800m Dimanche 8 Juin Marpha 2670 m Lundi 9 Juin Tatopani 1200 m Mardi 10 Juin Sikha 1700 m Mercredi 11 juin Ulleri par Ghorepani 2750 m puis 2010 m Jeudi 12 Juin Pokhara 820 m Publié à 03:21, le 15/06/2008, dans En Bref, Pokhara Mots clefs : { Page précédente } { Page 13 sur 41 } { Page suivante } |
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