D'Asie en résonances | |
BenaresMercredi 25 juin Yogi Lodge Hotel. Varanasi. Depuis 3 jours que nous sommes à Bénarès, dans la ville la plus ancienne du monde !, on a doucement pris nos repères. L’hôtel, la boutique internet, le bon coin pour savourer un lassi, le marchand de jus de fruit…Quelques rencontres, Aurélie et Adrien venus tout droit de Calcutta, volontaires dans un dispensaire, Papou, un jeune indien qui passe sa journée à repérer des proies comme nous à ramener dans sa boutique « have just a look, no monney ! », et l’arrivée de Sophie et Aurélie !! Ce matin, on est allé se perdre dans les ruelles le long du Gange, un véritable labyrinthe aux rues étroites et aux odeurs infectes, aux façades bleues pastelle, ou vert turquoise, souvent rose ou orange…Une jeune fille veut nous faire ses tatouages à l’héné sur la peau, un homme tente de nous refiler ses cartes postales, un autre veut nous vendre sa boîte de maquillage…En permanence sollicitées, on ne peut pas respirer et marcher tranquillement ? C’est impressionnant comme les commerçants indiens peuvent être lourds et collants ! On croise quelques policiers assis sur un banc, la » kalach » à la main, puis c’est un défilé de femmes aux crânes rasés qui passe sous nos yeux. La « burning place » ne doit pas être très loin. Ici lorsque le mari meurt la tradition veut que sa femme se rase la tête. On se rend sur la place des crémations où sont brûlés les corps pour les purifier et les élever à un meilleur karma. Du haut d’un balcon, on assiste à la cérémonie surprenante. Toute personne morte d’une mort naturelle est brûlée sur cette place. Par contre, les femmes enceintes, les enfants, les lépreux et les animaux, considérés comme innocents et purs, sont directement jetés dans le Gange, le corps attaché à une pierre ! Seuls les hommes sont présents lors de la crémation. Comme elles pleurent, et que les larmes n’aident pas à l’élévation spirituelle de l’âme, les femmes prient au temple ou restent à la maison. Varanasi toute en couleur ou dissimulée sous un nuage de fumée. Une odeur omniprésente et forte de pisse, de feu, de crabe mort plane dans les airs. Bénarès dégage des odeurs particulièrement insoutenables. Ici ça ne dérange personne, les odeurs de fruits, d’encens viennent se mélanger à celle des ordures et des bouses de vaches. C’est toute une vie qui prend forme. Et chaque présence est sacrée ! Les chiens errants, les vaches, les singes, et les lézards marquent leur territoire dans les rues ou sur les murs. Ici tout le monde vit ensemble, on ne fait pas de différences entre les hommes et les animaux, tous ont un karma, et tous auront une seconde vie ! On jette les corps ou les cendres des corps dans le Gange, et à côté de ça on s’y lave et y prie, on en boit l’eau, ça ne dérange personne, le fleuve est noir de pollution mais apparemment aux yeux des indiens il est pur et transparent, …pas facile à digérer en tant qu’européennes !! clo Publié à 01:19, le 26/06/2008, dans En attendant........., Vârânasî Mots clefs : varanasi { Page précédente } { Page 9 sur 41 } { Page suivante } |
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