D'Asie en résonances

Bienvenue en Asie !

Nous vous invitons à découvrir notre périple de trois mois en Asie Centrale à travers nos récits de voyage, nos photos et surtout notre récolte  sonore. Trois mois d’explorations et d’aventures à travers la Russie, la Mongolie via le transsibérien, Pékin puis le Népal et l’Inde.  Bonne route !

Résumé de l'itinéraire :

Paris-Moscou en avion le 17 avril 2008/ Moscou-Irkoutsk transsibérien (5 jours) / Irkoutsk-Oulan-Bator Transmongolien /1 mois en Mongolie/ Oulan-Bator-Erlian (frontière chine) Transsibérien / Erlian-Pékin bus couchette / 4 jours à Pékin / Pékin-Kathmandu (escale d’une nuit à Abou Dhabi ) / 1 mois au Népal, trek dans les Annapurnas / Kathmandu-Saunali (frontière Inde) bus / Saunali-Bénarès / 3 semaines en Inde, Dharamsala et Spiti Vallée / Retour New-Dehli - Paris le 19 juillet 2008.



Publié à 05:33, le 5/09/2008, Paris
Mots clefs : Transsibérien
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La France sous vitrine !

Je regarde le monde qui m’entoure, les piétons, les passants, les marchands..tous ont des codes bien étrangers, une langue étrangère..je crois qu’ils parlent le français. J’observe cette nouvelle vie qui était je crois la mienne avant mon voyage, un monde sous vitrine…tous ces déplacements robotisés, ces démarches sophistiquées, ces manières précieuses..Je m'y retrouve difficilement, envie de réenfiler mon pantalon rouge, mes chaussures de marche, remettre mon écharpe bleue dans les cheveux et repartir de plus belle !

Mais non, ça y est cette fois-ci tu es bien sur le sol français, coincée en France, impossible pour l'instant de repartir, il va falloir se réhabituer à cette vie là que l'on connaît trop bien, se familiariser avec ces visages européens...

Où sont passés les visages des mongols, des népalais et des indiens ? quelle langue dois-je parler à présent ?

Et doucement, bizarrement..on reprend vite ses habitudes, ses repères, on est très vite rattrapé par notre mode de vie occidental, l'être humain a une capacité malheureusement extraordinaire à se remettre très vite dans l'environnement qui lui est familier...

Y a des bonnes choses tout de même...le vin, le fromage, les tartes faites maison, le sourire de ceux qu'on aime, ça malgré tout, c'est du bonheur ! On apprécie les retrouvailles de ceux et celles qui nous ont manquées, entendre leur voix, et on se souvient alors des moments de blues en voyage qui nous ramènent à l'essentiel...la famille et les amis, c'est sacré !

Clo.

 



Publié à 12:04, le 13/08/2008, Strasbourg
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De retour

Ca y est on est enfin de retour en France, saines et sauves ! Le voyage n'est pas encore tout à fait terminé pour moi. De canapé en canapé, je poursuis l'aventure à Paris. Mercredi je pourrai dire que je suis vraiment rentrée "chez moi", enfin chez mes parents, à déguster les bons plats de ma maman, siroter les bonnes bouteilles de vin de mon papa et boire le café de ma grand-mère ! Reste à voir maintenant ce qu'il va nous rester du voyage, ce qui tombera dans l'oubli et ce qui s'ancre dans la mémoire, les rencontres, les visages, les paysages époustouflants. 5 pays différents en 3 mois, ca fait beaucoup !  Beaucoup de mouvement, de transition, de changements.....au coeur de la vie !

Les derniers jours à New Dehli n'étaient pas évidents, une chaleur écrasante ajoutée à cela le bruit, la pollution, le monde, les vaches, les chiens, et les singes dans les rues (c'est normal, on est en Inde !)....toute une ambiance difficilement supportable en fin de voyage ! On apprécie le retour dans notre chère France, le simple confort d'ouvrir son robinet et pouvoir boire l'eau, prendre une douche chaude avec une bonne pression, plonger sous une bonne couette et manger des pains au chocolat au petit matin ! En attendant, je ne suis pas encore trop dépaysée, mes voisins indiens m'ont invitée à boire le chai et manger un bon plat de riz bien épicé, l'Inde me poursuit ! clo



Publié à 10:31, le 22/07/2008, dans En Bref, Paris
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Retour sur un autre bout : la France

 

« Appelez depuis l’Europe au prix de la France » SFR . 10h30 samedi 19 juillet gare de Lyon. Premier «  repas », un sandwich céréales poulet, une mini bouteille d’eau 7,60 euros. Un ticket de métro CDG gare de Lyon 8, 40 euros et un billet de train 41 euros et une taxe de 10 euros pour avoir échangé le billet. Bienvenue en France. Le RER est bien calme. Un autre monde, une autre planète, non un autre bout du monde. Le temps est gris, tout est gris. Ca manque de couleurs sur les bus, les voitures, les gens… ça me paraît calme, silencieux…Je me surprend à trouver les filles trop peu habillées (mini jupes, jambes nues, épaules à l’air….). Hier matin j’étais dans les rues de Delhi et me voici en gare de Lyon. Jeanne. A tout de suite tout bientôt !



Publié à 08:35, le 19/07/2008, dans En Bref, Paris
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Derniers jours en Inde.

 

Nous passons nos derniers jours dans l HP (L’Himachal Pradesch) Partie nord de l’Inde. Je laisse Clo vous raconter plus en détails. Nous trouvons repos à Tabo, dans la Spiti vallée , en compagnie de Chris et  Yvig, rencontrés sur la route. Nous logeons chez l’habitant. Cette semaine tous les enfants de la région se retrouvent pour un tournoi sportif (Volley, Kabaddi : balle aux prisonniers sans ballon, et autres jeux). Le coin est reposant, désertique et Tabo est comme une sorte d’oasis. Il y a un superbe monastère en terre vieux de plus de 1000 ans et j’en profite pour demander à un Lama ma couleur car les 5 couleurs (bleu, blanc, rouge, vert, jaune) qui composent  les drapeaux de prières tibétains correspondent aux éléments de la nature. Selon ta date de naissance tu es eau, métal, feu, bois, terre. Je suis Oiseau Blanc dans l horoscope tibétain. Le voyage se termine déjà. D’autres idées d’itinéraires et de projets sont déjà en route. Retour par la même route perchée dans les hauteurs des monts désertiques et caillouteux. Arrêt à Kasa et Manali où nous sommes accueillis avec Chris dans une famille. Notre dernier trajet en bus de nuit dure 15 heures. Delhi nous tombe dessus . Quelle Chaleur !

Les chiens ne sont pas bien, les humains sont mal en point. Certains éraflés, égratignés, tordus mal foutus, boiteux, cagneux. Métro chawri bazar, seule je serpente les rues. Chariots bondés de papiers (rue des fabriques), rues blindées, ça grouille, marchands de tchai, cireurs de chaussures, rickshaws d’écoliers, odeurs diverses et variées, laveurs d’oreilles, barbiers…8h30 chacun s’anime pour sa journée, son programme en tête. Les Indiens se parlent souvent en anglais car il existe près de 760 langages différents!  Au loin le fort rouge, plus proche la mosquée. Dernière matinée en Inde et encore un peu de mal à y croire ! Jeanne. (Photographies  et  Mix sonore )



Publié à 08:27, le 18/07/2008, dans En Bref, New Delhi
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Repos à Tabo


Tabo, le 11 juillet . 3050m. Village logé au cœur de la Spiti Valley, à une trentaine de kms de la frontière tibétaine, village retiré à l’extrême Nord Est de l’Inde, une ribambelle de drapeaux tibétains flottent dans le ciel...les drapeaux de prières avec les cinq couleurs symboliques du bouddhisme : Bleu,blanc, rouge, vert et jaune.
Tabo, notre premier véritable point de chute depuis le début de notre voyage. Première fois en trois mois que l’on se pose plus de cinq jours au même endroit et ça fait du bien ! Nous voici en fin de parcours, on sent le besoin de s’ancrer quelque part, mettre un terme pendant quelques temps au mouvement, au x interminables trajets en bus ou en train.
Petit village charmant au cœur des montagnes, et au cœur de la religion bouddhiste, c’est un lieu idéal pour tout voyageur qui désire faire un « break ». On se laisse vite charmer par les sourires chaleureux de ses habitants, la  beauté de son monastère, la simplicité de ses maisons en pierres  et de ses toits plats , l’odeur d’une tasse de chai , de « ginger tea » ou de « mint tea » sous un soleil brûlant, la saveur d’un « french bread » à la german bakery, les visages tendres des grand-mères tibétaines, l’énergie des enfants, et à la tombée de la nuit, l’immensité de son ciel étoilé….On s’y sent bien ! Ce village a une attraction mystérieuse…
Nous logeons « chez l’habitant », chez une charmante famille…Tous les matins, il y a la petite fille Shalu, pleine d’énergies, qui  vient nous réveiller, et le « boy » de la maison qui vient nous offrir une tasse de chai .  On est gâté !! Plus loin dans les chambres voisines, il y a nos compagnons de route, Ivig, le breton  qui nous raconte des histoires « mortelles » (c’est le cas de le dire) sur les araignées rouges et les serpents d’Australie, et Chris l’allemand  qui témoigne de ses explorations annuelles au Cachemire…Ce sera pour une autre fois le pays du safran, des pierres précieuses et de la soie ! Plus le temps d’y faire un tour.
 En attendant on a du mal à décoller..
Demain dernière échéance. Il faut reprendre la route. 10 heures de bus à longer les chemins étroits de montagnes. Retour à Manali et de Manali retour en bus de nuit à New Dehli. Ca y est, cette fois-ci c’est le compte à rebours. Plus que quelque s jours avant notre retour en France !
clo
 

Publié à 08:33, le 17/07/2008, Inde
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Mal des montagnes…

3 juil.-08 Kaza, Spiti Valley Nord Est de l’Inde. Minuit.
Sur la terrasse de l’hôtel, ciel étoilé et petite brise. J’entends au loin les chiens qui aboient, quelques motos qui circulent encore dans le village, le chant de la Spiti River. Kaza n’est pas encore tout à fait endormie. Il fait bon ici dans les hauteurs  à 3400 m. On apprécie la fraîcheur après nos passages éclairs à Bénarès et New Dehli.

Nous voici retirées dans les montagnes du Nord de l’inde, dans l’Himachal Pradesh. Impression d’être  plus au Tibet, au Pakistan , ou en Israêl qu’en Inde. Forte migration tibétaine dans la région. Malheureusement, les tibétains sont partout sauf  au Tibet. Des villages aux maisons  typiquement tibétaines.  Sur la route, nous sommes surprises de voir  beaucoup de femmes  la pelle et le marteau à la main, ce sont des népalaises venues chercher du travail en Inde. A côté de ça, on assiste au débarquement des touristes sikkhs (religion qui se démarque de l’hindouisme et de l’islam) venus tout droit du Nord Ouest de l’Inde, la région du Punjab. Des bars et guesthouses  souvent tenus par des israéliens. Ca brasse, ca circule, on sent la présence des pays voisins.

Nous poursuivons notre chemin en « local bus », toute une ambiance ! Entre les odeurs de pieds et de poussière, la musique indienne, les jeunes garçons indiens qui se tiennent les mains, les tibétains qui débarquent  tout à coup en masse dans le bus,  profitent de notre passage , ça leur évite  toute la montée à pied…On se serre, on essaie de trouver une position confortable mais en vain ! Courbatures et torticolis  sont bien présents. La route est étroite, difficile, parsemée de pierres, et juste au-dessus de nous le grand vide. Dans ces moments là les indiens prient Ganesh ou Vishnu, nous on essaie de faire confiance au chauffeur. On croise beaucoup de camions, de jeeps, des touristes en motos qui peinent à avancer, trop chargés, des fous à vélo, nous voilà à emprunter la  deuxième« route motorisée » la plus haute du monde. On ne fait pas nos malines dans la montée !
Spectacle époustouflant  de montagnes , falaises et rochers. Nous passons le cap des 4000.
 Arrêt. Descente du bus. Ouh, je sens que ma tête ne tourne pas rond. Je sens que je chavire, et puis plus rien,…des voix lointaines  me chatouillent les oreilles, « call the french girl ! », ils sont tous attroupés autour de mon corps inerte... Jeanne accourt, la bouteille de coca dans une main, la bouteille d’eau dans l’autre. Elle me fait boire. Me mouille le visage. Doucement je m’extrais de mon trou noir. Jeanne me parle tout me serrant la main « clotilde, tu m’entends ? tu as mal quelque part ? » J’ouvre les yeux, du violet et du jaune. Une couverture violette posée sous ma tête et le sable devant moi. Des tibétains, des indiens, des israéliens tout autour de moi. Que se passe-t-il ? je sens mon corps complètement étalé  n’importe comment au sol. Ah oui c’est vrai j’ai du perdre connaissance. Encore sous le choc, je me relève doucement, on reprend nos places dans le bus, un bon kitkat et un bon chai (thé indien) et ça repart ! Comme quoi, attention aux montées rapides et directes à 4000m en bus ! Aucune progression, pas le temps de s’acclimater ! Aïeaïe ! Clo.




Publié à 08:32, le 16/07/2008, dans En Bref, Manali
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Incoyable Inde !

 

Après une nuit de train puis une de bus, en passant par Dehli ( histoire de déposer un de nos sacs de voyage), nous voici à Baghsu. Le klaxonne du bus me résonne encore dans la tête ! Alerte : Oreilles en souffrances ! Ici,à Baghsu, c’est le grand débarquement de touristes Indiens (Panjabi) pour le weekend !(Majorité de Sikks).

Notre première ville en Inde nous a été riche en enseignements sur la culture du pays. Bénarès, Vârânasî ou cité de Shiva, une des villes les plus sacrées d’Inde ! Ca grouille de partout, grouille de gens, vélos, rickshaws (triporteurs bruyants), voitures, vaches, chiens, moustiques, singes en ruts, cafards, vendeurs de toutes sortes, rabateurs,de babas et sâdhus…. Des serpents, grenouilles, souris, crabes, … Ca grouille de vie, de bruits, carambolages de sonorités, …. Un bon test sur votre patience ! Un défi : Conduire un vélo dans Bénarès ! Si l’on commence à essayer de décrire les odeurs la liste serait grande…Mais un mélange d’épices, de jasmins, d’urine et d’encens envahit les rues et ruelles. Je n’avais jamais autant ressenti la présence et l’importance de la religion dans un pays. Et combien parfois elle rend aveugle. Nous assistons à la Puja (prière) du soir le long du ghât (accès au Gange, couleur "boue") principal. De nombreux indiens y participent. Les hindous lavent leurs péchés dans le fleuve.

A chaque sortie dans la rue c’est un bain qui réveille et hypnotise tous nos sens. Ca brasse, grouille. Etourdissement, vertige coloré, odorant et sonore. Le trafic est fou, certaines femmes portent la burka …Incroyable Inde, mixages dans tous les sens. Nous observons combien nous vivons et considérons les choses de notre même planète différemment ! Que de choses encore à connaître et découvrir sur les mœurs coutumes et façon de penser.

Souvent nous faisons l’attraction, les regards se braquent sur nous. Beaucoup portent des foulards, tissus, turbans autour de leurs têtes. Chaque caste a sa façon de faire son nœud. Nous ne faisons pas les malins le soir lorsqu’il faut retourner à notre guest house. Les ruelles sont sombres et lugubres.Nous croisons notre premier corps mort sur un brancard. Il se dirige vers le « burning ghâts » où sont brûlés les morts. Nous en croisons assez fréquemment. Les indiens viennent de toute l’Inde pour finir dans le Gange. Il y a toute une procession pour passer dans l’autre Vie. 300 corps brûlent par jour. Sur ces ghâts se côtoient les rites les plus intimes de la vie et de la mort. Il faut payer au kilo les poutres nécessaire à la crémation. Si tu meurs non naturellement tu brules au four électrique sinon sur un bucher en plein air. Pour les femmes enceintes, enfants, handicapés tu es jeté à l’eau avec une pierre. Ton Karma est considéré comme pure. Si tu es veuve alors il faut brûler avec ton mari. Il y a 80 ghâts sur 7 Km (Chacun sa fonction : bain rituel, yoga, dépôt d’offrandes, vente de fleurs, lavage du linge,…). 30 égouts se déversent en permanence d’où 1,5 millions de bactéries coliformes aux 100ml !! La norme est inférieure à 500 et certains boivent l’eau du Gange !

Grande liste sur les cartes de menus à en perdre la tête mais pas l’appétit ! Le maquillage noir autour des yeux sert à éviter ou soigner des infections. Le bindi sur le front porte chance. Le rouge est la couleur de la famille. J’en passe des vertes et des pas mures…Que de choses à sentir, décrire, découvrir, franchir, écouter, partager.……. C’est le tourbillon de la vie ! Jeanne.

Ecouter      Photographies

 

Publié à 01:21, le 28/06/2008, dans En Bref,
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Benares

 

Mercredi 25 juin Yogi Lodge Hotel. Varanasi.

Depuis 3 jours que nous sommes à Bénarès, dans la ville la plus ancienne du monde !, on a doucement pris nos repères. L’hôtel, la boutique internet, le bon coin pour savourer un lassi, le marchand de jus de fruit…Quelques rencontres, Aurélie et Adrien venus tout droit de Calcutta, volontaires dans un dispensaire, Papou, un jeune indien qui passe sa journée à repérer des proies comme nous à ramener dans sa boutique « have just a look, no monney ! », et l’arrivée de Sophie et Aurélie !! Ce matin, on est allé se perdre dans les ruelles le long du Gange, un véritable labyrinthe aux rues étroites et aux odeurs infectes, aux façades bleues pastelle, ou vert turquoise, souvent rose ou orange…Une jeune fille veut nous faire ses tatouages à l’héné sur la peau, un homme tente de nous refiler ses cartes postales, un autre veut nous vendre sa boîte de maquillage…En permanence sollicitées, on ne peut pas respirer et marcher tranquillement ? C’est impressionnant comme les commerçants indiens peuvent être lourds et collants ! On croise quelques policiers assis sur un banc, la » kalach »  à la main, puis c’est un défilé de femmes aux crânes rasés qui passe sous nos yeux. La « burning place » ne doit pas être très loin. Ici lorsque le mari meurt la tradition veut que sa femme se rase la tête. On se rend sur la place des crémations où sont brûlés les corps pour les purifier et les élever à un meilleur karma. Du haut d’un balcon, on assiste à la cérémonie surprenante. Toute personne morte d’une mort naturelle est brûlée sur cette place. Par contre, les femmes enceintes, les enfants, les lépreux et les animaux, considérés comme innocents et purs, sont directement jetés dans le Gange, le corps attaché à une pierre ! Seuls les hommes sont présents lors de la crémation. Comme elles pleurent, et que les larmes n’aident pas à l’élévation spirituelle de l’âme, les femmes prient au temple ou restent à la maison. Varanasi toute en couleur ou dissimulée sous un nuage de fumée. Une odeur omniprésente et forte de pisse, de feu, de crabe mort plane dans les airs. Bénarès dégage des odeurs particulièrement insoutenables. Ici ça ne dérange personne, les odeurs de fruits, d’encens viennent se mélanger à celle des ordures et des bouses de vaches. C’est toute une vie qui prend forme. Et chaque présence est sacrée ! Les chiens errants, les vaches, les singes, et les lézards marquent leur territoire dans les rues ou sur les murs. Ici tout le monde vit ensemble, on ne fait pas de différences entre les hommes et les animaux, tous ont un karma, et tous auront une seconde vie ! On jette les corps ou les cendres des corps dans le Gange, et à côté de ça on s’y lave et y prie, on en boit l’eau, ça ne dérange personne, le fleuve est noir de pollution mais apparemment aux yeux des indiens il est pur et transparent, …pas facile à digérer en tant qu’européennes !!

clo



Publié à 01:19, le 26/06/2008, dans En attendant.........,
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Frontiere Nepal/Inde

 

21 juin, le jour de la fête de la musique! Passage de la frontière Népal Inde. A bientôt cher Népal !

Hier en fin d’après midi nous quittons Katmandu et les ruelles de Thamel sous une belle éclaircie après la pluie. C’est en petit taxi suzuki, bourré à craquer que nous nous rendons à la gare. Nos sacs ont doublé de volume après une boulimie d’achats ! Après 13 jours de Treks et plus de deux mois de voyage nous avions envie de mettre un nouveau pantalon sans trou et sans tâche …

La sortie de Katmandu en bus est longue, pleine de bruits, de stops. Odeurs de pop corn, petit son aigu et sournois. Un genre de repousse rat. C’est le son du « Dieu Shiva » qui clignote à l’avant du bus. Cette guirlande ne nous a pas protégées puisque nous tombons en panne en pleine jungle au milieu de la nuit. Pourtant nous avons fait plusieurs tentatives de plein mais aucune station n’a pu nous sauver ! C’est l’occasion d’assister au lever du soleil et aux chants des oiseaux de la jungle. Une grande discussion et rébellion éclate entre les passagers. Paranos. Les népalais sont froussards. Ils ont peur des chiens, singes, éventuels brigands, …Quelques heures plus tard nous nourrissons le réservoir avec un seau de Kérosène histoire d’arriver au prochain village. Arrivées à la frontière nous ratons notre correspondance. Nous attendons l’après midi dans un restaurant peu acceuillant. Réflexions sur la notion de frontière …. !!! C’est une histoire de ligne, ligne à franchir, ligne virtuelle , ligne humaine, ligne terrestre, …de deux côtés, 2 pays différents mais proches, circulation, mixage, l’air qu’on respire est le même, d’où vient il, où va t il …. ?

Mais après ce bref repos mérité suite à cette nuit tourmentée la tempête arrive bien vite. Je le sens venir, je garde mon sang froid, je laisse venir, voici enfin le fameux monsieur Babalou pour vrai nom, ce sale voyou comme je n’en ai jamais rencontré ou presque (mis à part un Serbe lors de notre virée avec la fanfare). Je le laisse parler mais il ne me laisse pas en placer une, je le reprends, il n’apprécie pas. Il me baratine. J’agis, je cours attraper le bus qui passe et supplie le chauffeur de nous embarquer ! Nous forçons l’entrée du bus et négocions sec !


J’ai craché mon venin bien profondément dans leurs yeux

Première galère. J’ai craché mon venin bien profondément dans leurs yeux. Electricité statique. Puants à 346242 Km3. Ils ont fini par comprendre qu’on ne se laissera pas impressionner. Je n’ai pas lâché prise. Je déteste l’irrespect des gens et l’injustice, la mauvaise fois. Arrêtons le délire ! Nous forçons l’entrée dans le bus, sans rien leur donner. Ils nous poursuivent. Mais devant tous les passagers je les traite de « bad people ». L’un m’ordonne de descendre avec une violence jamais connue jusqu’à présent. Mais toujours le regard droit dans ses yeux je n’ai pas bougé à la fois assommée par cette violence verbale et aussi par cran ! Tous les passagers sont témoins. Je sens qu’ils sont de notre côté. Le chauffeur essaie de me faire revenir à la raison en me disant qu’il est possible de faire le trajet dans ce bus jusqu’à Bénarès. J’accepte alors de payer 200 (même si notre billet comprenait déjà cette partie du trajet plutôt que de donner 700 au voyou de première) Je ne m’arrête pas là. J’expulse alors toute cette haine reçue à ce malfrat et lui ordonne de ranger mes bagages plus loin, le bouscule ! Pour qui se prend t-il ?! Je m’excuse envers les passagers bouches bées mais ces deux personnages m’ont rendue folle de rage. J’explique que ce n’est pas parce que l’on est deux européennes qu’il faut nous prendre pour des vaches à lait ! Que chacun respecte son prochain ! (Quelle belle parole de sagesse n’est ce pas ?!)

La transition a été rapide, deux népalais de 14 et 16 ans nous adressent la parole et très vite le jeu de carte est dans les mains. Apparemment méfiance car la police n’aime pas les cartes, ça porte malheur. Jeanne






Publié à 01:15, le 21/06/2008, dans En Bref, Inde
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La fièvre de Thamel

Il est tard dans la nuit. La lumière des toilettes m’éclaire suffisamment pour que je puisse rester à écrire sans déranger Jeanne. Un petit vent frais vient de s’infiltrer dans la chambre, ça fait du bien ! On a laissé toutes les fenêtres ouvertes, à part celle où la moustiquaire est déchirée. Je suis allongée dans mon lit, tente de griffonner quelques mots, ne pas me laisser distraire par la musique au dehors. Une musique indigeste, celle qu’on met à toutes les sauces, en boîte, dans les bars, à la radio, du bruit comme dirait mon père. Dommage que Kathmandu nous laisse cette image nocturne. Une résonance désagréable et fausse, une résonance représentative de Thamel, le quartier par excellence du tourisme. Passage « obligé » et inévitable quand on débarque pour la première fois à Kathmandu. Un quartier étonnant de dynamisme commercial et de business qui fait ses preuves à chaque instant. On ne fait pas un pas dans les rues de Thamel sans se faire solliciter, voir agresser « First time in Népal ? Do you need a guid ? I have an agency. »et sans meme qu’on ne lui demande rien “ok I give my card, feel free, if you have time, come in my agency” ou le marchand de vêtements “Namaste, juste have a look inside. For you good price. “ ou encore le chauffeur de taxi Suzuki “ Taxi ? Where do you go ? »ou le marchand de fruit « mango, banana ? ou une femme népalaise qui fait la manche avec son bébé « Please milk, not monney, milk, please not monney » puis le petit garçon aux pieds nus, sales et poussiéreux « ten roupies » en nous tendant les mains.  Une fois franchie le seuil d’un magasin, c’est un nouveau jeu ou nouveau piège qui commence « Many sizes, many colours. For you good price my friend. For this i don’t take interest.” « From which country you come from ? Ah France. France So romantic ! Sarkozy Carla Bruni. Vive l’image de la France à l’étranger ! On se bouscule, on est bousculé, on bouscule. On ne sait plus où mettre les pieds. Thamel nous aspire dans son tourbillon sans fin de « touristland ». Ce quartier, au bout de deux jours et demi, devient tout simplement indigeste et inbuvable !

 Clo, Kathmandu le 19 juin.



Publié à 11:18, le 19/06/2008, Katmandou
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Dernières heures à Katmandu

         Après trois jours de repos à Pokhara nous passons le trajet du retour en « micro » (mini bus). Pluie, les routes asiatiques toujours aussi petites ! On serre fort les fesses, les vaches dorment l’air de rien au milieu de la route. Ici les écoliers en route pour l’école parcourent parfois de longues distances pour arriver à l’école. Le samedi est le jour de congé . A l’arrière des camions des inscriptions telles que : « see you », « horn please ». Pas étonnant qu'ils klaxonnent autant !

Derniers jours à la capitale, le retour est violent. Changement de rythme. La circulation dans tous les sens, la chaleur, les sons de tous genres, les commercants nous interpellent.... Nous essayons de ne pas trop charger nos journées car la fatigue arrive vite.  Ici les hommes marchent souvent main dans la main, juste en tant qu’ami. Ce matin visite de SWANBOONATH ou le Monkey temple. De nombreuses personnes marchent en méditations dans le sens des aiguilles d’une montre autour du temple. Beaucoup de tibétains. Depuis hier soir, soir de pleine lune, les tibétains sont en fête et rite religieux, ils font 30 fois le tour du temple depuis le bas, puis 100 fois arrivés en haut. Certains se couchent et se relèvent. Il y a 365 marches à gravir, de nombreux singes cherchent de quoi manger. Nous découvrons Katmandu  vu de haut, le ciel est nuageux. No montains à l’horizon ! Petite séance de méditation auprès de moines tibétains récitants leurs prières ! Jour de cérémonies, ils portent des chapeaux étranges. 

Ce soir invitation à dîner chez les parents de Pankhaj, quel accueil ! Sa famille est indienne. Nous aidons à préparer la purée pour les tchapatis et nous apprenons quelques astuces de la cuisine indienne. Quel délice ! En attendant son frère et son père nous sommes embarquées  par Prathiba, sa sœur pour une séances d’essayage de tous les types de tenues indiennes ! On se sent belles et élégantes ! Les femmes ne mangent pas à notre table. Elles commencent par vérifier que nous manquons de rien puis s’installent à manger dans leur coin. Initiation au vocabulaire, coutumes et dangers de l’inde. Demain nous prenons le bus pour Benares !! A tout bientot ! (Nous serons de retour le 19 Juillet). Mayalou (Jeanne en Népalais)

Photographies



Publié à 03:26, le 19/06/2008, dans En Bref, Katmandou
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LES ANNAPURNAS A PETITS PAS !

5416 m Thorong la. Performance ou comment vivre au dessus de 4000m ?

Ne pas manger trop vite. Boire à se faire ballonner le ventre. Ne pas se lever trop vite, manger du sucre, ne pas secouer la tête, ne pas faire de sieste trop longue. TOUT SE PASSE MAIS AU RALENTIT ! Prendre de bonnes décisions. COMMENT PRENDRE LE TEMPS DE … ou une éducation forcée à ralentir son rythme de vie. La montagne nous dit : Rien ne sert de courir ce monde, prenez le temps de le découvrir et de vous écouter.

En ce moment le pollen des plantes accentue le phénomène du mal de montagne. Une appréhension plane en chacun de nous. La tête dans les nuages, le cerveau cotonneux, au ralentit, nous sentons le grand jour tout prêt ! Etat d’apesanteur, état second. Nous décidons de continuer jusqu’au camp de base de Thorong la (4850m). Encore 400m de dénivelé avant de se reposer une dernière nuit avant le col. Nous nous partageons un snikers pour nous donner du tonus.

Nous nous réveillons sous la brume. Par brefs moments nous apercevons les montagnes. 6h30 : cadeau du jour qui sera notre motivation pour la journée. Cris de joie. Nous découvrons la chaine montagneuse  enneigée, quel panorama ! Mais la brume nous rattrape vite et ajoute à notre effort une ambiance pesante. Nous n’avons pas droit à l’erreur. Pas de refuge ouvert  avant Muktinath, 3800m. Entre temps  reste à franchir le col.

Tout dou- tout dou_ tout doucement, à  tout petit pas, le plus lentement possible nous suivons notre chemin. La tête se fait lourde, brèves pauses, grignotages et eau toutes les 15 minutes. Il tombe de beaux flocons étoilés (étoiles de Visnu). C’est la première fois que Pankaj voit la neige. Nous attendons un petit signe de vie comme un troupeau de mulets mais rien n’arrive. C’est le désert. Des roches, des pierres…Nous regardons nos pieds, nous rentrons dans une méditation profonde. La marche est devenue une drogue. Après 3H30 de montée nous voici à Thorong là PASS : 5416m ! Quel bonheur de se dire : On l’a fait ! Pas de soucis  mis à part la tête à gérer, le reste du corps tient bon.

Des banderoles de drapeaux colorés, une plaque indiquant le col, un kern géant, un petit lac mais Nous n’avons pas la chance de voir les montagnes.  Pain, fromage de yack, amandes, noix de cajous,…Nous ouvrons nos réserves avant de redescendre à 3800m. Notre tête fait office de baromètre ou de chronomètre…la descente doit aussi se faire à pas lents.

Mieux vaut être petit pour voyager en Asie. Les places dans le bus sont étroites. Slalom sur les routes entre les motos, gros camions, vélos, vaches endormies, piétons, porteurs,… C’est un vrai concerto pour klaxons.  Nous voilà partis Clo, Pankaj (un ami Népalais originaire d’inde) et moi à bord du « Kusum Safari bus » en direction de Besi sahar. A la sortie de Katmandou la circulation est dense. Les accotements grouillent de commerces, petits étales, porteurs,… Quelques km plus loin, la musique à fond, nous voici plongés dans de grands paysages, longeant la Trivoli river. Contrairement à la Mongolie l’eau ne manque pas, les paysages sont verdoyants. Nous passons notre première nuit à Bhulbulè.

12 jours de marches (De 6 à 8 heures/jour) et 2h30 de tracteurs, les dénivelés variant de 540 m à 1616m dans une même journee.

Certains jours s’apparentent à de vrais parcours du combattant. Passages étroits, traversées dans « des côtes de gravas », des éboulis, prêts à nous emporter vers le bas, pont en mauvais état, pluie, traversée  d’une rivière sur des galets, fort vent, champs de sangsues, terrains glissants, marches d’escaliers  à n’ en plus finir, et pour terminer : de grosses araignées gigantesques dans nos chambres. Pankaj nous explique aussi que dans les montagnes il faut faire attention aux esprits qui dorment le soir. Dans nos poches de l'ail pour nous protéger.

En chemin nous rencontrons beaucoup de mulets, ânes portant de grosses charges, des porteurs d’une force incroyable. (Un  jeune de 65kg porte un chargement de 85kg. L’un transporte des meubles, l’autre une armoire), de jolies villages, des paysages variés. Selon l’altitude les habitats sont en bois, pierres ou en taules.  Certaines maisonnettes font rêver. Les couleurs sont belles, les rizières vertes fluo, par endroit nous traversons de longs ponts suspendus. Les femmes travaillent aux rizières, cueillent le riz, lavent le linge, les hommes font labourer les buffles. Tôt le matin, les grands-mères marmonnent déjà les mantras autour des moulins à prières tôt le matin.

Le temps est parfois gris, un crachin révèle les odeurs des plantes, des fleurs  et  de l’urine des mulets. Nos oreilles se nourrissent  aux sons des buffles, Buffalo, cloches des mulets, cris des sauterelles, des oiseaux, des chants des veillées le soir,…La nature à l’état pur mais plus pour longtemps car les bombes explosent pour faire la nouvelle grand route touristique. Des hommes roulent d’énormes rochers de leurs mains, cassent des pierres à la pioche et au piolet. Le tour des Annapurna va malheureusement devenir une autoroute de montagne.

La vue sur les montagnes se fait rare. Notre imagination est souvent sollicitée pour décrypter les sommets. L’avantage est qu’en cette période de l’année nous sommes environs 7 groupes par jour à passer  aux différents check post (vérification de nos permis de séjour dans la réserve) contre 700 personnes en pleine saison !Jeu de cache cache, les nuages se déplacent à vitesse grand V. C’est encore plus excitant de découvrir les sommets petit à petit.  Sa Majesté la montagne fait sa timide, se dévoile et se donne à voir lentement. Chacun notre tour nous portons  notre « vie entre nos mains », notre trésor : La bouteille d’eau d’1,5l. OKHALI OLALI, (ça monte et ça descend), petit à petit, la montagne se gravit. Traversée d’un pont suspendu terminé en 2061 ! Ici au Népal nous sommes en 2065 !

Vertige de l’immensité,  du vide, vertige des hauts sommets. Nous sommes bien petits au milieu de ce paysage. Nous buvons du thé au lait de vaches et de Buffalo. Nous nous nourrissons au Dhal baat. Plat typiquement népalais (baat= riz). Légumes, viandes et Dhal (sauce aux lentilles). Le tout est compartimenté sur une grande "assiette plateau". On le mange avec les doigts. Quel régal, quel plaisir. Les gens d’ici, les "gurus" ont leur propre dialecte le Gurua et un caractère bien spécial. Leur langage est bref, assez violent mais ils adorent faire des blagues, des jeux de mots. Ils ont chacun leur style vestimentaire composé de ce qu’ ils trouvent. Aux fenêtres des maisons, des sachets d’eau transparents font fuir les mouches. Au lever du soleil, la tête dans les nuages (4200m), certains sont déjà en route pour la « ruée vers l’or ». Nous sommes à Yak Kharaka, un campement de personnes vivant sous des tentes en plastique s’est installé dans la région pour rechercher des plantes :  Les YALA TSA GUMBA. Souvent ces personnes sont guides ou porteurs en saison et en cette période, pendant deux mois ils récoltent ces plantes très recherchées par les chinois pour leurs propriété médicinales. Jeanne alias mayalou en nepalais !

Photographies

PARCOURS

Vendredi 30 Mai       Katmandou                1300m                                       

Samedi 31 Mai         Bhulbulè                     820 m                                                             

Dimanche 1 Juin     Jagat                          1300 m

Lundi 2 Juin              Dharapani                 1900 m

Mardi 3 Juin               Bhratang                   3000 m

Mercredi 4 Juin          Manang                    3540 m

Jeudi  5 Juin              Yak Kharaka              4200 m

Vendredi 6 Juin         Thorong la camp     4850 m

Samedi 7 juin            Thorong la Pass puis Muktinath  5416m puis 3800m

Dimanche 8 Juin      Marpha                      2670 m

Lundi 9 Juin               Tatopani                  1200 m

Mardi 10 Juin            Sikha                         1700 m

Mercredi 11 juin       Ulleri par Ghorepani     2750 m puis 2010 m

Jeudi 12 Juin          Pokhara                     820 m 



Publié à 03:21, le 15/06/2008, dans En Bref, Pokhara
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5416 m

 

 « Thorong Phedi. » 11Hs. Avant avant dernière étape avant « «Thorong La » le sommet. Encore 1000 m à grimper. Assis tous les trois autour de la table, on attend avec impatience le plat de pâtes. Epuisés. La tête lourde, le cœur qui bat à 40 000, impression qu’il va exploser, on évite de s’allonger. Nos assiettes arrivent. On dévore nos plats. Sensation de vomissement. On a mangé trop vite. Mais comment manger à 4000m d’altitude ? Manger très doucement, manger au même rythme que notre marche. Un pas devant l’autre.  Et à chaque pas demander à son corps s’il va bien, s’il supporte d’être aussi haut perché au cœur des montagnes. Deux pakistanais viennent de franchir la porte. Ils ont l’air mal en point. Ils viennent de faire le tour dans le sens inverse, arrivent tout droit de Thorong. Ils sont descendus trop vite, le piège ! A ce niveau, monter ou descendre doit être un véritable concours d’escargot. A qui ira le plus lentement. On discute avec le garçon de l’hôtel. Apparemment ils ont l’habitude de voir les gens  fiévreux et malades, et de revoir les mêmes têtes. Des gens qui montent, n’échappent pas au mal des montagnes, et du coup sont obligés de redescendre. On se regarde et on se pose tous les trois la même question : » Va –t-on réussir à passer le cap ? On hésite à repartir dans l’aprem. Finalement, à 16hs on est à nouveau sur la route, direction High Camp 4850m. La montée est rude, de plus en plus froid, la tête de plus en plus vertigineuse, le brouillard de plus de plus intense, on ne voit plus le bout. Aucune présence humaine à l’horizon. On parvient enfin au Camp après une heure et demi de grimpe éprouvante. Marche laborieuse, qu’est- ce que ça va être demain ? Le pire n’est pas encore passé. Demain jour J. Le passage à Thorong puis la descente  à 3500. 9 heures de marche sans traverser de village, aucun point d’eau, aucun homme !! Depuis quelques jours qu’on se prépare psychologiquement au grand jour. On s’endort pas tout à fait rassuré, et surtout frigorifié sous nos sacs de couchage. Réveil 4H30. On décolle à 5hs avec un sachet de « boiled potatoes » dans notre sac, ca fera notre repas « chaud » de la journée, et n’oublions  pas nos réserves d’amandes, de mangues séchées, et notre pain et fromage qu’on traine depuis 6 jours. On a de la chance. Pas encore de nuages apparents. Une vue incroyable ! On a sous nos yeux la chaine des Annapurnas ! On n’en revient pas ! Un spectacle époustouflant. Les montagnes de l’Himalaya là juste devant nous, en face de nous, si près, presque palpables ! Et si c’était un rêve…Je n’en crois pas mes yeux. C’est l’euphorie générale ! Quelques photos, et nous voilà repartis pour Thorong. Peu à peu les secondes se transforment en minute et les minutes en heures et les heures en jours, peu à peu, plus on monte, plus  le brouillard, et  le froid s’intensifient, plus le temps s’étire. La marche devient longue, pesante, incertaine, au cœur du noman’s land. Pas un chat. Tout est mort. On traverse un désert de pierres, de neige, et de brume. Une terre étrangement mystérieuse , aride et hostile. On n’en voit plus le bout. On ne se laissera pas abattre, le but ne doit pas être si loin. Pankaj aperçoit au loin le sommet. Ahah c’est le début de la délivrance. Un premier soulagement dans la montée. On y est presque. Enfin, on y est, on y est !!!! un sentiment d’euphorie, d’adrénaline nous prend aux tripes. Un cri de joie cinq milles quatre cent seize mètres !!!!!!!!! Deuxième euphorie, un homme, il y a quelqu’un !!! Un guide népalais venu de l’Everest. Un habitué qui doit s’étonner de nos exclamations et rires, vu son calme apparent. On réalise à peine…le froid reprend vite le dessus, il est temps de descendre à présent…même si le plus dur est passé, on doit rester vigilants…et écouter notre cœur, notre tête et nos pas…nous sommes loin d’avoir récupéré notre « vrai corps », habité depuis deux jours par un corps fantôme qui s’est acclimaté , et sait respirer a 5000m ! Clotilde



Publié à 03:15, le 15/06/2008, dans En attendant........., Pokhara
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Namaste !

 

Lam Salam (Grand jour !)

Après une escale toute une nuit à l’aéroport d’Abou Dhabi (Emirats Arabes Unis) nous voici arrivées à Katmandu le jour de l’abolition de la monarchie ! Les rues sont en fête, des bougies illuminent la ville, et les népalais sont joyeux ! Nos « visas » de montagne en poche, nous voici parties  demain aux aurores pour un trek de 18 à 20 jours dans les Annapurnas.

Ecrivez nous !!! Clo et Jeanne

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  Arrivées à Katmandou sur les chapeaux de roues….A chaque coin de rue des groupes de polices, des CRS népalais. Nous arrivons le 28 mai , jour de l’abolition de la monarchie, début de la démocratie, grand jour historique !!!! Le résultat devait avoir lieu ce soir vers 18H00 mais il est presque 21H00 et les discutions ont encore lieues… Nous somme à Thamel, quartier super touristique !!Plus tard des jeunes défilent dans les rues très passivement.

 Nous ne perdons pas de temps, des le lendemain direction ambassade d’Inde. Tout un bazar  pour avoir le visa. Une première matinée de queue pour envoyer  un fax de demande en Inde et recevoir un formulaire visa. Puis il faut attendre 3 jours pour revenir avec ce formulaire visa rempli et attendre l’après midi à partir de 16h30 pour enfin récupérer son passeport. 

Nous rencontrons Pankhaj, 21 ans qui projette de partir travailler en Espagne l’année à venir. Il nous fait visiter la ville. Le quartier de Patan, des temples de partout. Nous nous initions à l’indouisme, aux différents dieux et aux coutumes d’ici. Beaucoup de personnes prient. Nous goûtons aux meilleurs lassis de la ville, noix de cajous et raisins secs. Quel délice ! Ce soir (29 mai) les népalais fêtent la nouvelle république. LAM SALAM (grand salut). Nous assistons à différentes actions maoïstes. Dessins à la craie au sol puis parsemés de bougies. Nous finissons la soirée en compagnie de musiciens religieux qui nous invitent à jouer avec eux. Espérons que ce changement politique ne va pas amener pire, une dictature…. Mayalou (Jeanne)

Photographies



Publié à 05:00, le 30/05/2008, Katmandou
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Escale a Abu dhabi

Nous passons la nuit a l'aeroport d'Abu Dhabi. C' est un autre monde: des hommes en turbans, soutanes,  habillés tout de blanc, des regards qui parfois font peur mais des hommes très avenants dès qu'on leur adresse la parole .A quand le pakistan ?

Je passe à la clinique de l'aéroport pour une ampoule douloureuse. Un docteur pakistanais me soigne . Partie de rigolade, ça fait passer le temps. Nous nous  endormons dans un coin telles deux vagabondes. Autour de nous des hommes barbus montent la garde. Prochaine étape Kathmandou ! Jeanne



Publié à 06:26, le 27/05/2008, dans En Bref, Abu Dhabi
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Ni rau !

Pékin, « capitale du nord », ville gigantesque en pleine mutation. Des travaux à tous les coins de rue ! Nous logeons au lama temple youth hostel dans le quartier de Dongcheng, site principal des J.O. Des affiches et des spots publicitaires nous le rappellent bien.

Un cinquième périphérique est en cours de construction. On peut parler de « fièvre bétonnière » pour reprendre l’expression de notre guide de voyage.

Ici, les traces du tremblement de terre se font ressentir, Pékin aussi a tremblé. Chaque bouis bouis , boutique a sa boite de donation pour la province touchée ! La télé passe sans cesse des images chocs rappelant les faits et incitant les donations, la musique est là pour attiser les émotions…

Notre première mission : essayer de trouver un nouvel ZOOM H4 ! Nous prenons les transports en commun pékinois assez facilement ! Quelle chaleur, 12H00 les rues grouillent de monde nous nous retrouvons dans le quartier des grands buildings de 5 étages remplis de centaines de stands de produits électroniques …………Nous sommes rentrées bredouilles et dégoutées...

En rentrant à l’hôtel nous insistons pour un peu d’aide. La réceptionniste, Helena, nous aide à commander un enregistreur par internet. Surprise, elle découvre un petit magasin de musique au "coin de la rue" vendant un ZOOM H4 !

Nous voici partis, en compagnie d’Helena (chinoise), Don (Chinois) et Oliwen (Belge) à la recherche de la boutique !!! Tout le monde a compris notre projet et l’importance de cet enregistreur !!

Xié xié, Merci, Nous repartons avec notre nouvel « attrapeur de sons » !

Je serais bien restée plus longtemps dans cette gigantesque ville, je ressens de bonnes énergies. Notre hôtel se situe dans les Hu tongs (ruelles qui relient les quartiers). La vie de quartier est paisible. Chassé croisé des vélos, mobylettes, tricycles et toutes sortes d’engins de locomotion. Juxtaposition de klaxons, grincements, roulis de pédaliers rouillés, trainements de savates, …. L’air est poussiéreux. L’été s’annonce chaud, les oiseaux chantent, la verdure nous « énergise » (la mongolie était bien grise et sèche). Visite du lama temple. Une odeur d’encens nous envahit.

Direction la station de métro Beixitao pour la visite du parc de Jingang. Agréable parc en hauteur (colline de charbon) d’où l’on peut apprécier une superbe vue sur la cité interdite et ses alentours ! De nombreux petits groupes de personnes âgées s’occupent à différentes activités. Chants, gymnastique stretching, éveil corporel en frappant dans les mains, raquette individuelle, balle aux pieds, danse à deux, musiciens, jeu de Mah jong…. Quel plaisir de déambuler dans des espaces vert ! Visite de la cité interdite !! Epoustouflant. Immense labyrinthe de milliers de toitures qui rebondissent… De nombreux touristes aussi bien entendu.

Nous nous régalons baguettes en mains dans les petits restaurants locaux. Nous goutons au canard laqué. Le thé froid nous déshydrate. Nous quittons notre agréable hutong en taxi pour l’aéroprt ! Jeanne.

Ecoutez  /  Photographies



Publié à 06:22, le 26/05/2008, dans En Bref, Pékin
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Beijing 2008

Pékin, une ville attrayante et repoussante à la fois ! Comme toutes les mégalopoles !  

Un village discret quand on vient se perdre dans ses quartiers anciens avec ses hu tong et ses maisons qui en cachent d’autres ou capitale vertigineuse, aux buildings et gratte-ciels multiples et déroutants. Pékin à vélo, des bicyclettes partout…un rythme lent, une impression de village qui contraste avec le trafic des taxis jaunes et des motos.

Il est bon de se laisser surprendre par le vieux pékin, un véritable labyrinthe d’échoppes, petites cours bordées  par des grands arbres. Pékin florissant, des grands arbres partout, des fleurs, de la verdure et des couleurs, ça fait du bien après la sécheresse de la Mongolie. Tout est calme et silencieux dans le quartier. Loin de s’imaginer qu’on est au cœur d’une des plus grandes villes du monde.

Une ville intime et solennelle quand on franchit la porte de ses monastères, ou bien bruyante avec ses travaux..  Pékin et les J.O…c’est la fièvre bétonnière ! A deux mois des JO, la ville se noît dans les travaux, sous les travaux…Pékin détruit, Pékin reconstruit. Où est passé le vieux Pékin ? 50% du tissu urbain modifié. Liquidation des quartiers populaires. Danger de disparition quasi-totale du vieux Pékin.   Un 5ème périphérique en construction !

Pékin toujours sous la brume, un épais brouillard s’étend sur toute la surface de la ville. Une impression d’orage à venir. Eh non c’est juste la pollution….le tout sous une chaleur étouffante.

On se réfugie au Lama Temple Youth Hotel, un vrai bol d’air, un espace climatisé, on écoute le chant des ventilateurs ! 

Clotilde


Publié à 05:31, le 26/05/2008, dans En attendant........., Pékin
Mots clefs : Pekin
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"Pic Pockets"

 

Première gorgée de bière !!! Ca fait du bien Après le bain de pollution de la capitale ! Nous revenons d'un séjour de 8 jours dans la yourte de Tserma! Une bonne douche. Que du bonheur, la machine à laver tourne. Changement d’ambiance.

BREVE

Ce n’est pas l’ouragan Birman, le tremblement Sichuan, le virus de Pékin ou l’inflation des prix mongols mais juste un kidnapping matériel …

 

 

Vendredi  16 mai 2008, 20H25, « city house restaurant », Oulan Bator . Deux filles se sont fait voler leur enregistreur sonore : ZOOM H4 N°série 091672.

 

 

Hey oui il les a quittées pour d’autres aventures… Pourtant elles ont tout fait pour le rassasier de sons gourmands ! Escapade Infidèle ou prise d’otage ? Il va leur manquer ! 

  

 

Nous passons nos dernières heures à Oulan Bator, ville étrange, pesante, hétérogène, pleine de paradoxes comme de plus en plus de ville en ce bas monde. Mélange de traditions et de modernités, d’un côté les bourgeois de l’autre les miséreux qui font tout pour récolter trois sous ! Pour arranger le tout en ce moment c’est  l’inflation des prix ! Jeanne

22 mai 2008

Nous repartons rassasiées, la boule au ventre avec une bonne appréhension de la ville, de son organisation à force d’y avoir navigué de haut en bas, en travers. En effet après avoir cherché le poste de police, fait les allers retours au black market (marché de Narantuul)pour tenter de trouver un enregistreur d’occasion, rencontré le docteur Batorzig  (tél: 99271296 )à  l'hôpital de traumatologie pour les tiques à Clo et l’hôpital de dermatologie pour la tache rouge au dos de jeanne, cherché la poste pour le fax, où manger, etc.…..Oulan bator est moins  un terrain inconnu pour nous ! Ici il y a un truc étrange, les horloges n’indiquent jamais la bonne heure…

J’ai l’impression de quitter ce pays sans vraiment y avoir vécu tous mes rêves. Illusion, désillusion. J’espère que ses grands espaces me rappelleront un jour sous une meilleure étoile !

20H00 le train démarre pour la frontière : Erlian. Nous passons une dernière fois devant le portrait de Gengis khan sur la colline…BYE BYE MONGOLIA tu emportes avec toi notre ZOOM H4 ! Dernier coup d’œil sur les constructions et les bidonvilles qui entourent la ville. Nous voyageons en compagnies de deux chinois. Mon peu de vocabulaire me revient petit à petit.

 Nous voici à Pékin après une nuit de train puis une nuit de bus couchette !!! Quel périple ! J’avais oublié à quel point les chinois parlent fort au téléphone, à quel point les chinois sont calmes et souriants quand tu les croises dans la rue !!

Nous trouvons notre hôtel au bout de quelques déambulations dans les Hu tongs (petites ruelles ) quartier Dongcheng. Jeanne



Publié à 08:20, le 23/05/2008, dans En Bref, Oulan-Bator
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Extraits

 

Ecouter un son, c’est le lire et le vivre en même temps, c à d le mixer en soi, le faire entrer dans cette composition partisane de savoir, de culture, de sensibilité et de riens quotidiens qui nous est propre. Enregistrer un son, c’est le lire et le prendre, non pour modèle, mais pour sujet. C’est inventer des postures de guet, d ‘embiscade, établir à la fois des points d’écoute et des mouvements d’écoute.

Un microphone ne se brandit pas comme un étandard à la manière dont défile le porte drapeau. Il faudrait plutôt le comparer à lantenne d’un insecte (souvent recouvert d’une boule de poils). C’est une sorte d’animal, oui qui se frotterait,fouinerait, tâterait…., cherchant l’endroit où le cœur bat le plus fort, où l’émotion se partage.


Le Film Sonore est ainsi le vecteur d’un désir : celui d’un « auteur » (qui compose) et non d’un tuteur (qui expose). Il ne distribue pas impérativement du savoir, mais, mettant le réel en fiction et en question. Il ouvre un espace de proposition voire de provocation.

                                     Extraits de différents textes du livre de Réné Farabet, « Bref éloge du coup de tonnerre et du bruit d’ailes » 



Publié à 07:16, le 19/05/2008, dans Citations,
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